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LES KRACHS BOURSIERS (de la tulipe aux subprimes)

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LES KRACHS BOURSIERS (de la tulipe aux subprimes)

Message  katje le Dim 22 Jan - 18:43

Le krach boursier, terme qui est actuellement à l'œuvre sur les marchés, est une baisse soudaine et précipitée – aux alentours de 10 % en une même séance – des actions touchant une place financière ou plusieurs d'entre elles. L'une des caractéristiques principales du krach est l'effet de panique qui voit les investisseurs vendre tous en même temps, créant ainsi une spirale baissière que rien ne peut arrêter. Le terme de "krach" apparaît lors de la chute des Bourses de Vienne et de Berlin en été et en automne 1873. C'est donc un phénomène ancien, et l'Histoire a été ponctuée de krachs plus ou moins spectaculaires.



LES PRINCIPAUX KRACHS DE L'HISTOIRE BOURSIÈRE



1637 : krach de la tulipe. La "tulipomanie" fut, en Hollande, la première bulle spéculative économique et financière de l'histoire moderne. La spéculation était fondée sur le commerce des bulbes de tulipe, dont les prix atteignirent des sommets. Ainsi, en 1623, le bulbe d'une variété rare affiche 1 000 florins, en 1625, 2 000 et en 1637, 5 500 (le revenu annuel moyen de l'époque est de 150 florins). Mais en février 1637, les cours s'effondrent, déclenchant une véritable panique. En 1642, après le krach, le prix de la tulipe n'était plus qu'au dixième de sa valeur et cent ans plus tard à deux centièmes.

1720 : la faillite de Law. Elle est provoquée par l'action de John Law, financier irlandais qui avait été chargé de restaurer les finances du royaume de France très endetté. Law va introduire le papier-monnaie en 1716 et créer une banque privée qui deviendra la Banque royale en 1718. Les actions de la banque montent en flèche au début. Mais le public finit par perdre confiance dans les billets, une nouveauté en France, et exige leur remboursement en or et en argent. La valeur des billets émis dépassant de beaucoup l'encaisse de la banque (valeur des billets et dépôts), celle-ci fait faillite. Les actionnaires perdent tous leurs investissements et Law prend la fuite. Ce premier krach en France fâchera durablement les Français avec la Bourse

John Law (1671 - 1729) - Compagnie des Indes

Le plus ancien titre connu à ce jour remonte à la Compagnie des Indes, fondée en 1720 par l'écossais John Law. John Law est très célèbre pour sa fracassante banqueroute, mais aussi pour sa banque qui fut la première en France à offrir des titres au porteur librement négociables. Le système de Law est né, permettant la création de papier monnaie.
Titre de la Compagnie des Indes
Action datant de 1770



John Law fonde en 1717 la Compagnie d'Occident, avec laquelle il obtient le monopole du commerce en Louisiane (fondation de la Nouvelle-Orléans en 1718) et au Mississipi, favorisant ainsi le développement des ports de l'Atlantique tels que Bordeaux, Nantes et Lorient.

Puis la Compagnie Française des Indes est créée en 1719, fruit de la fusion entre la Compagnie d'Occident de John Law et l'ancienne Compagnie des Indes Orientales, créée en 1604 par des marchands de Saint-Malo, avec l'appui officiel de Richelieu et Colbert.

Mais le système de Law connaît des limites et s'écroule en 1721. La faillite de la Banque Law (dont le siège était rue Quincampoix) entraîne la Compagnie des Indes dans la banqueroute. Celle-ci survit toutefois à la liquidation du système de Law.

1873 : krach de la Bourse de Vienne

9 mai La bourse s’effondre à Vienne, en Autriche. Très vite, le krach affectera l’Allemagne, puis les Etats-Unis. C’est le début d’une stagnation, voire d’une crise économique qui perdurera jusqu’en 1896

L'unification allemande de 1871 favorise le développement économique du monde germanique. Mais le développement de la concurrence entraîne ensuite une baisse des profits des banques. Les actionnaires s'inquiètent et la Banque de Budapest doit faire face à des demandes de remboursement ; elle ne peut faire face et se retrouve en cessation de paiement. D'autres banques sont ensuite touchées et la crise s'étend ailleurs en Europe. Les Bourses chutent, d'abord à Vienne – la Bourse de l'Empire austro-hongrois –, puis dans le reste de l'Europe.
1882 : krach de l'Union générale. La faillite de cette banque catholique française entraîne celles de nombreux agents de change. Les Bourses de Lyon et Paris sont ébranlées. La crise de plusieurs années qui s'ensuit affectera surtout les mines, la métallurgie et le bâtiment, entraînant son cortège de misère, chômage et conflits sociaux violents comme à Anzin (Nord) et Decazeville (Aveyron).



Dernière édition par katje le Dim 12 Fév - 17:06, édité 1 fois

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LES KRACHS BOURSIERS (de la tulipe aux subprimes)

Message  katje le Dim 12 Fév - 17:56

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LA CRISE ECONOMIQUE DE 1929 :

Les années 1920 marquent une période de forte croissance aux États-Unis. Ainsi, entre 1921 et 1929, la production industrielle augmente de 50 %. Le « boom » boursier n'apparaît donc pas ex nihilo. Toutefois, la hausse annuelle des cours pendant la même période est de 18 %, soit une hausse totale de plus de 300 %. Selon Jacques Brasseul, « le cours des titres augmente plus que les profits des entreprises, qui eux-mêmes augmentent plus que la production, la productivité, et enfin plus que les salaires, bons derniers dans cette course. » Un élément spéculatif se développe, puis devient prépondérant à partir de 1928, date où le cabinet Charles Merrill (aujourd'hui Merrill Lynch) recommande de ne plus s'endetter davantage pour acheter des actions, et indique : « Sans que cela constitue une recommandation de vente, le moment est opportun pour se libérer de ses crédits ». Ce ne sont en effet plus les dividendes qui attirent les investisseurs, mais la possibilité de revendre avec une importante plus-value, beaucoup de titres sont achetés à crédit à cette fin.
L'économie, elle, montre des signes de faiblesse dès le début 1929 : ainsi, la production automobile chute de 622 000 véhicules à 416 000 entre mars et septembre. La production industrielle, elle, recule de 7 % entre mai et octobre. Ce ralentissement est en partie dû à un phénomène d'asphyxie : les capitaux disponibles accourent à la bourse plutôt que vers l'économie « réelle ».
Entre mars 1926 et octobre 1929, le cours des actions augmente de 120 %. Le 3 septembre, l'indice Dow Jones atteint 381,17, son plus haut niveau avant 1954. Le 16 octobre, l'économiste Irving Fisher déclare : « Stock prices have reached what looks like a permanently high plateau » (« Les cours ont atteint ce qui semble être un plateau perpétuellement élevé


La grande crise économique s'est déclenchée aux États-Unis le 24 octobre 1929 ("jeudi noir") par le krach boursier de Wall Street et qui se propagea rapidement au reste du monde, et le plongea dans la récession pendant les années 1930. Les profonds bouleversements sociaux et politiques qu'elle engendra favorisèrent l'arrivée au pouvoir en Europe de partis fascistes qui menèrent une politique expansionniste, cause directe de la Seconde Guerre mondiale.

1929 : krach à Wall Street.




DESCRIPTION DU KRACH (du 18 AU 29 OCTOBRE)

Quelques jours avant le krach (les 18, 19 et 23 octobre), les premières ventes massives ont lieu. Ce sont encore des prises de bénéfices, mais elles commencent à entraîner les cours à la baisse.
Le jeudi 24 octobre (jeudi noir ou Black Thursday) marque la première vraie panique. Le matin, il ne se trouve presque pas d'acheteurs, quel que soit le prix, et les cours s'effondrent. À midi, l'indice Dow Jones a perdu 22,6 %. Une émeute éclate à l'extérieur du New York Stock Exchange, après que les gardes du bâtiment et la police ont empêché des actionnaires d'entrer. La galerie des visiteurs est fermée. Les rumeurs les plus folles circulent : onze spéculateurs se seraient suicidés, les bourses de Chicago et Buffalo auraient déjà fermé, celle de New York serait sur le point de le faire. Une réunion d'urgence entre cinq des principaux banquiers de New York se tient au siège de J.P. Morgan & Co. pendant une vingtaine de minutes. À son issue, Thomas Lamont, un des dirigeants de J.P. Morgan, déclare : « Il y a eu une petite quantité de vente à perte à la Bourse (…) en raison de conditions techniques sur le marché. (…) Le consensus de notre groupe est que la plupart des cotations de la Bourse ne représentent pas fidèlement la situation. (…) [La situation est] susceptible de s'améliorer ». Le marché rebondit légèrement à la nouvelle que les banques vont intervenir pour soutenir les cours.

En effet, vers 13h30, des investisseurs institutionnels menés par Richard Whitney, vice-président du NYSE, interviennent directement : Whitney s'approche du poste de cotation de U.S. Steel, demande le cours en vigueur (195), et annonce « J'achète 25 000 parts à 205 ». Dès que les premiers titres s'échangent, il recommence l'opération pour une autre action, et fait ainsi le tour d'une douzaine de postes. Les cours se redressent rapidement, et la baisse pour la journée est limitée à 2,1% (indice Dow Jones: 299,47). Par exemple, le titre Montgomery Ward vaut 83 dollars à l'ouverture, 50 en milieu de journée, 74 à la clôture. Deux titres enregistrent leur plus haut niveau de l'année, tandis que 441 atteignent leur plus bas niveau. Les volumes échangés atteignent 12,9 millions d'actions pour la journée — un record, le volume normal étant de 2-3 millions, et le précédent record de seulement 8,3 millions. Les téléimprimeurs ont jusqu'à une heure et demie de retard sur les cours ; ainsi les vendeurs paniqués ne savent pas encore à quel prix ils ont cédé leurs titres.
Les nombreux investisseurs qui ont emprunté pour spéculer sont contraints de liquider leurs positions (appels de marge ou margin calls) à partir du lendemain. Les cours restent stables le vendredi 25 (Dow Jones : 301,22) et samedi 26 (avant guerre, il y avait une demi-session le samedi).
Le cycle s'emballe le lundi 28 qui restera dans les mémoires comme le « lundi noir » (Black Monday), où 9,25 millions de titres sont échangés. Les banques n'interviennent pas, contrairement au jeudi précédent. L'indice Dow Jones perd 13 % (260,64), un record qui ne sera battu que lors du krach d'octobre 1987. Certains titres sont massacrés : General Electric perd 48 points, Eastman Kodak 42, AT&T et Westinghouse 34, U.S. Steel, 18.
La foule se presse devant la Bourse après le krach



Le 29 octobre, le mardi noir (Black Tuesday), le volume échangé atteint 16,4 millions de titres. Les téléimprimeurs ont jusqu'à deux heures et demie de retard sur les cours. L'indice Dow Jones perd encore 12 % (230,07) et les gains d'une année de hausse disparaissent. John Kenneth Galbraith écrit qu'il s'agit du « jour le plus dévastateur dans l'histoire de la Bourse de New York, et peut-être aussi dans toute l'histoire des Bourses. » Winston Churchill, qui se trouve alors à New York, affirme être le témoin du suicide d'un spéculateur qui se serait jeté par la fenêtre. L'événement n'a jamais été confirmé, et il est à l'origine des légendes sur les nombreux spéculateurs qui se seraient ainsi défenestrés (en tant que phénomène massif, il a été démontré statistiquement que les suicides d'acteurs du système financier à cause du krach sont une légende urbaine3). Entre le 22 octobre et le 13 novembre, l'indice Dow Jones passe de 326,51 à 198,69 (-39 %), ce qui correspond à une perte virtuelle de 30 milliards de dollars, dix fois le budget de l'État fédéral américain et plus que ce que les États-Unis avaient dépensé pendant toute la Première Guerre mondiale







L'indice Dow Jones ne retrouva que 25 ans plus tard, en novembre 1954, son niveau historique de septembre 1929.

La crise s'étendit au monde entier lorsque les banques américaines réclamèrent le remboursement de leurs prêts à l'étranger et rapatrièrent les capitaux qu'elles avaient investis. L'Autriche fut la première touchée, avec la faillite de la banque Kreditanstalt

Très endetté et ne pouvant rapatrier ses capitaux investis en Allemagne, le Royaume-Uni dut abandonner la référence de l'étalon-or pour sa monnaie qui fut dévaluée de 40 % en septembre 1931

30 janvier 1934
Dévaluation du dollar
En conséquence de la crise économique de 1929, le dollar est dévalué de près de 41%.


La France dévalue le franc
1936

Peu de temps après la victoire du Front Populaire aux élections législatives, la France décide de dévaluer le franc. Toutefois, le pays réagit bien trop tardivement à la crise économique qui a suivi le krach boursier de 1929. Lorsque, des années plus tôt, la livre et le dollar furent dévalués, le gouvernement s'acharna à maintenir les valeurs du franc Poincaré. La situation mena alors à un déséquilibre important entre les prix du marché français et ceux du marché étranger. La France, qui jusqu’alors échappait à la crise grâce à son autonomie financière, fut touchée à son tour. Cette action tardive ne permettra pas de redresser l’économie du pays, tandis que les autres nations commencent tout juste à sortir la tête de l’eau.


La mise en place de politiques dirigistes

Aux États-Unis, la crise atteignit son paroxysme au début de 1933, juste après l'élection du démocrate Franklin D. Roosevelt, en novembre 1932. Dans le cadre du New Deal, le nouveau président accrut les interventions de l'État, lança des programmes d'infrastructure pour lutter contre le chômage et relancer la croissance et entreprit d'assainir l'économie. Ces mesures, dont les effets furent immédiats, permirent de restaurer la confiance. Progressivement et par à-coups, la dépression recula, mais c'est l'entrée en guerre des États-Unis, en 1941, qui permit de supprimer totalement la récession.

La politique de Roosevelt était directement inspirée des théories de l'économiste anglais Keynes, pour qui l'État avait un rôle régulateur à jouer en cas de défaillance des lois du marché. Une politique de dépenses publiques (distribution sociale, grands travaux) compensant le manque d'investissement du secteur privé et la baisse des pouvoirs d'achat devait permettre un retour de la consommation et de l'emploi. C'est cette orientation qui fut également adoptée en Allemagne et en France.

En Allemagne, la crise eut des conséquences politiques dramatiques. Le parti nazi accrut son audience auprès des chômeurs auxquels il promit un retour de la croissance. Parvenu au pouvoir en 1933, Adolf Hitler mena une politique d'industrialisation et de militarisation qui permit le retour à l'équilibre mais entraîna l'Europe dans la guerre. Des régimes de droite apparurent également dans les Balkans. D'autres pays tels que le Royaume-Uni et l'Australie se tournèrent plutôt vers les mouvements politiques de gauche.

En France, le gouvernement de Laval mit en place en 1934 une politique de déflation. Il bloqua les salaires des fonctionnaires, mais ces mesures se révélèrent inefficaces et provoquèrent une forte agitation sociale. Cet échec et la crainte d'une montée de l'extrême droite, qui s'était manifestée violemment lors de la manifestation du 6 février 1934, provoquèrent la victoire du Front populaire en 1936. Mais le nouveau gouvernement ne parvint pas à enrayer la crise économique et financière. Touchée plus tardivement que les autres pays par les effets de la crise de 1929, la France n'en était toujours pas sortie lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata.

Une crise bancaire avait pris le relai de la crise boursière à partir de 1930, une restriction drastique des crédits s'en suivant qui conduisit à une crise économique généralisée : baisse de l'investissement, de la consommation et de la production, faillite des banques, chômage touchant des millions de personnes


Cette crise donne un coup de frein aux spéculations boursières. Elle marque le début de la Grande Dépression aux Etats-Unis et d'une crise économique mondiale, qui affecte l'Europe dans les années 1930. Favorisant par ses effets – une très forte hausse du chômage notamment – la montée du nazisme et du fascisme en Europe, elle est un des facteurs de la seconde guerre mondiale.


Livres sur la crise de 1929 : Galbraith, la crise économique de 1929 :

Euphorie, spéculation, réductions d'impôts, innovations hasardeuses dans la finance d'entreprise : autant de similitudes importantes entre les causes de la crise économique de 1929 et celles du krach boursier de l'automne 1987. La lecture de l'essai classique de J.K. Galbraith sur la "grande dépression" (précédé d'une préface inédite en français sur la comparaison des deux crises) s'impose plus que jamais.John Kenneth Galbraith, économiste, professeur émérite à l'Université d'Harvard, ancien ambassadeur en Inde sous Kennedy, est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont Le nouvel état industriel.



Histoire mondiale de la spéculation financière 32€
Charles Kindelberger né aux Etats-Unis est un des plus grands historiens économiques contemporains. Collaborateur de Keynes au sortir de la guerre quand il a fallu reconstruire le système financier mondial, il n'a cessé depuis de contribuer à la réflexion des plus grandes institutions. Professeur au MIT pendant 33 ans et francophile, il a écrit plusieurs ouvrages sur les crises financières.
Charles-P Kindleberger (Auteur), Piere-Antoine Ullmo (Traduction), Guy Russell (Tr




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